Transport des animaux de ferme : donnez votre opinion

Transport des animaux de ferme : donnez votre opinion

Le gouvernement fédéral a enfin publié ses propositions d’amendements des règlements sur la santé des animaux, texte qui régit l’ensemble des lois concernant le transport des animaux.

Nous avons revu ces amendements et avons de nombreuses préoccupations à leur sujet. En particulier, ils réfèrent aux animaux en tant que choses et non comme êtres vivants et sensibles (et notamment sensibles à la souffrance). Aussi, les arguments en faveur des changements demandés sont peu nombreux et ne sont motivés que par leur impact économique sur l’industrie agro-alimentaire.

Depuis des décennies, les organisations pour la défense des animaux (CETFA inclus) soulèvent le problème de la cruauté envers les animaux durant leurs transports. Les accusations de non-respect des lois, clairement documentées, ont été répétitivement et totalement ignorées par le gouvernement. De nombreuses enquêtes dénonçant les abus commis par des vétérinaires et des inspecteurs  de l’ACIA (Agence canadienne d’inspection des aliments) ont aussi été ignorées.

Les amendements suggérés par l’ACIA ignorent des décennies de recherche, ainsi que les lois déjà existantes. L’Europe, par exemple, a mis à jour ses lois concernant le transport des animaux il y a plus de douze ans, en 2004. Les lois y sont claires et spécifiques. Elles sont adaptées aux comportements des animaux et non aux préoccupations financières. Et ces règlements sont respectés et renforcés par des sanctions efficaces, persuasives et proportionnées.

L’ACIA prétend que les nouveaux règlements mettraient les standards canadiens au même niveau que les Européens, mais il n’en est rien. En Europe, les lois imposent que tous les animaux transportés pendant plus de 8 heures doivent l’être dans des camions équipés de systèmes d’abreuvage et de ventilation. Tous les camions doivent être équipés de tachygraphes qui enregistrent le temps pendant lequel le véhicule a été sur la route. De plus, la densité d’occupation des camions doit être telle qu’elle permette aux animaux de se tenir debout ou de se coucher dans des positions naturelles. Les lois de l’Union Européenne interdisent aussi le transport des animaux en dessus et en dessous de certaines températures spécifiques, et les camions doivent être équipés de thermomètres.  Aucun de ces critères n’est pris en compte dans les amendements de l’ACIA.

De plus, dans les amendements proposés, il est mentionné que les animaux fragilisés (totalement aveugles, saignant à la suite d’une opération ou allaitant) pourraient être transportés pendant 12 heures. Précédemment, les animaux malades ou blessés ne pouvaient pas être transportés si cela devait leur causer des souffrances supplémentaires.

La cassure du museau et des dents des verrats n’a reçu aucune considération et aucuns règlements n’ont étés suggérés pour éviter ces pratiques. En Europe, les verrats sont séparés pendant leur transport pour éviter la cruauté causée par la cassure du museau (souvent faite avec des barres de métal ou des battes de baseball) et la cassure des dents (au cours de laquelle les défenses innervées des animaux sont brisées avec des coupes boulons).

D’autre part, les camions transportant des animaux continuent à ne pas être prioritaires aux frontières, un problème qui concerne 25 millions de cochons chaque semaine. La situation est pire pendant les mois d’été durant lesquels la température monte jusqu’à 50 ou 60 degrés C. Ces hautes températures, combinées avec le haut degré d’ammoniaque à l’intérieur des camions, peut causer la mort des animaux par suffocation.

Les aiguillons électriques, ainsi que d’autres pratiques violentes (par example, soulever les animaux par les pattes, la tête ou les cornes) continuent d’être autorizées. Ces pratiques sont illégales dans l’Union Européenne.

Pour finir, et ceci est très important, il faut noter l’absence d’amendements concernant le respect des règlements.

Tout se passe comme si l’ACIA n’avait jamais été sur le terrain et n’avait jamais vu aucunes des preuves documentaires que nous et d’autres organisations pour la défense des animaux avons dévoilé ces dernières années – preuves d’une cruauté persistante et inhérente au sein système de transportation des animaux au Canada.

CETFA a offert ses propres commentaires sur les amendements proposés et nous vous demandons de faire la même chose, mais de personnaliser vos commentaires (en vous inspirant des préoccupations que nous présentons ici). Les soumissions qui sont trop similaires sont considérées comme une seule soumission, alors il est important que vos commentaires soient uniques.

Envoyez s’il vous plait vos commentaires au Dr. Cornélius F Kiley à : animaltransportanimaux@inspection.gc.ca avant le 15 Février 2017.